
Alors que la crise économique, l’une des plus graves de l’histoire du capitalisme, fait rage, nous avons tous conscience que rien ne sera jamais plus pareil. Les grands acteurs économiques partagent la même position que les syndicats, à savoir que la crise est l’occasion de transformer et d’améliorer la qualité de la vie de tous et toutes.
Le problème est que les deux camps ont des visions différentes, et souvent opposées, du chemin à prendre pour sortir de la crise. Toutefois, quelle que soit l’option choisie, elle devra s’attaquer aux problèmes des près de 12 millions de jeunes de 18 à 29 ans qui vivent dans notre pays.
Selon les informations sur la jeunesse de la Centrale des travailleurs argentins (CTA), seuls 50 pour cent des jeunes de cette tranche d’âge disposent d’un emploi formel et participent pleinement au marché du travail. Le reste se débat entre travail précaire et chômage. D’après nos données, ces 6 millions de jeunes qui souffrent de problèmes d’emploi se répartissent comme suit : 2,5 millions de jeunes travailleurs précarisés, 2,5 millions de chômeurs et 1 million de jeunes qui sont définitivement hors du système économique et social, c’est-à-dire sans travail, sans éducation, sans couverture médicale et sans accès au logement.
La solution à ce fléau ou à ce désastre de l’emploi devra impérativement passer par une proposition globale qui, en plus de résoudre les problèmes de chômage, garantisse aux jeunes une vie quotidienne digne et non axée sur la seule survie. C’est pour cette raison que l’année dernière, les jeunes de la CTA ont présenté au Congrès national le projet de loi sur le « premier emploi et la formation » qui entend résoudre le problème de l’emploi et du chômage des jeunes. Hélas, ce projet de loi dort dans les bureaux de nos législateurs.
Dès lors que l’on ne se limite pas à l’emploi, on remarque que les jeunes souffrent aussi de difficultés d’accès à l’éducation et à la santé, ainsi que d’importants problèmes d’accès au logement.
Pour nous, la société doit cesser de détourner le regard ou de remonter les vitres de sa voiture dès qu’elle croise, au coin d’une rue ou au détour d’une zone piétonne, la réalité de la jeunesse. Il est temps d’accepter la réalité. C’est déjà ce que nous faisons au sein des organisations de jeunes, de travailleurs, sociales ou culturelles, mais, dans les faits, le message ne passe pas.
Le temps de l’hypocrisie est révolu et c’est à nous, les travailleurs, qu’il incombe désormais de résoudre les problèmes qui assaillent notre société. Parce que les représentants de l’establishment se nourrissent de ces conflits pour leur survie. C’est comme demander à des employeurs agricoles qu’ils distribuent leurs revenus extraordinaires aux écoles les plus pauvres de notre pays.
Pour que demain, la culture du travail, qui aujourd’hui s’estompe, soit plus qu’un slogan abstrait, mais bien une réalité pour tous les jeunes Argentins.